Etre protestant, c’est laisser le Christ agir en soi !

Etre protestant, c’est laisser le Christ agir en soi !

A l’occasion de la fête de la réformation, j’aimerais parler d’un mot. C’est le terme « protestant ». Il était déjà dans le dictionnaire français avant la naissance de l’Eglise protestante. Il veut dire « celui qui proteste » ou « celui qui conteste ». Cependant, le sens du mot utilisé par les Eglises issues de la Réforme ne voit le jour qu’au 31 octobre 1517, jour où Martin Luther a publié ses 95 thèses à Wittenberg en Allemagne.

« Protestant », tiré du verbe latin protestare, signifie « celui qui témoigne pour… .» Au regard du contexte de l’époque, cela signifie « celui qui témoigne pour la liberté ».

 Que dois-je faire pour mon salut ? Rien ! Est-ce que je peux obtenir le pardon de mes péchés en donnant de l’argent ou en faisant de bonnes œuvres? Non ! Telles sont les questions brûlantes et les réponses de Luther.

« Tout est accompli » par Jésus-Christ (Jean 19, 30). Par sa mort sur la croix et sa résurrection, nous avons le pardon de nos péchés, nous avons le salut. C’est ce qu’on appelle la grâce de Dieu : c’est Dieu lui-même qui s’est donné pour nous !

Il suffit de recevoir le Christ. Il suffit de recevoir ce don comme dit Jean dans son évangile : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16).

Croire en Dieu, c’est se tenir devant Dieu, les mains ouvertes comme des enfants. Croire en Dieu, c’est dépendre de sa grâce – vivre sous le régime de la grâce.

Autrement dit, libéré du souci de son salut, le croyant exprime une vie reconnaissante envers Dieu. « Nous l’aimons parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4,19). Libéré par la grâce de l’obligation de devoir se centrer sur lui-même, le croyant met en premier lieu dans sa vie – le Christ.

Ainsi, pour la FPMA (Eglise Protestante Malgache en France), « être protestant », ne devrait pas vouloir dire « protester tout le temps » (directement ou indirectement), idée qui paralyse la propagation de l’Evangile, mais signifie : vivre et proclamer cette « Bonne Nouvelle » donnée, vivre et annoncer le Christ en paroles et en actes. La foi vivante incite l’Eglise à viser à la conversion – à la libération de l’homme et à ne pas oublier les engagements nécessaires dans la vie de tous les jours.

« L’Eglise est toujours à réformer » (Ecclesia semper reformanda). D’autant plus qu’on est « protestant », n’est-ce pas ?

A Dieu seul la gloire !

Pasteur Naina ANDRIALAMPISON